JOUR 12 – Lundi 28 octobre – Izamal
Aujourd’hui, nous avons décidé de flâner dans la ville d’Izamal, célèbre pour ses façades recouvertes d’un joli ocre jaune, ce qui lui vaut le surnom de “Ville Jaune”.
Nous avons bien failli ne jamais y arriver ! La veille, nous avions repéré et prépayé un bus depuis la grande gare routière de Mérida, avec un départ prévu à 8h45. Comme recommandé par le guichetier, nous sommes arrivés vingt minutes en avance pour nous assurer une place assise, afin d’éviter de finir assis par terre entre deux rangées de sièges, comme ce fut le cas lors de notre trajet vers Uxmal. Petit problème : ce même guichetier avait omis de nous dire que le bus partirait d’une autre gare routière. Munis de notre GPS, nous nous y rendons rapidement, mais ce n’était toujours pas la bonne. On nous indique alors une troisième gare, un peu plus loin. Arrivés là-bas, on apprend que le prochain bus de seconde classe partira dans une heure et fera de nombreux arrêts, allongeant ainsi notre trajet de plus d’une heure.
Cela en vaut-il vraiment la peine ?
Un gentil monsieur nous propose alors une autre solution : le collectivo, un minivan qui effectuera notre trajet d’une traite, mais qui ne partira qu’une fois ses 16 places vendues. Nous voilà donc en route pour la station des taxis collectifs, un peu plus loin encore. Heureusement, il ne restait que deux places libres – juste pour nous !
La ville est charmante mais la grande place est recouverte par une fête forraine alors fermée. Les bâches en plastique gâchent un peu la vue, mais ce n’est pas grave.
Nous visitons le musée dédié à l’artisanat local et aux traditions du Yucatán. On y trouve des expositions de poteries, de textiles, de bijoux et même de hamacs fabriqués dans la région. Nous sommes les deux seuls visiteurs du moment et bénéficions d’une visite guidée par René, qui est tout à fait enthousiaste à l’idée de partager sa passion pour les arts de sa région. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de pièces, elles sont pour la plupart très belles. Je retiendrai surtout les Catrinas en papier mâché de Felipe Linares, ainsi que celles en terre cuite d’Oscar Soteno et son arbre de vie, en hommage au musée.
Pendant que nous faisions le tour de l’exposition, un groupe de personnes s’affairait à construire un autel à l’entrée du musée. A la fin de notre visite, autour de la table, recouverte de la photo d’un jeune homme, de pains, de fleurs, de bougies et d’autres offrandes, chacun partage sa manière d’honorer les défunts. Certains fondent en larmes en évoquant le décès d’un proche. L’émotion est intense même si je ne comprends pas un mot de ses témoignages. Si dans les rues les coeurs sont à la fête, dans l’intimité, il en est tout autre : los Días de los Muertos restent un hommage aux disparus, un moyen festif mais surtout empreint de respect et d’émotion pour se les remémorer.
Nous avançons ensuite vers la pyramide de Kinich Kak Moo, dédiée au dieu du soleil, dont je gravirai les 34 mètres de hauteur malgré des marches plus ou moins bien conservées. À mon arrivée au sommet, le soleil se met à brûler – aurais-je le don d’Esteban ? Juste le temps de redescendre pour comprendre que c’est la pluie que j’ai fait venir. Quelle averse !
Une fois les trombes passées, nous rejoignons le Couvent de San Antonio de Padua, fondé en 1549 par les franciscains sur les ruines d’une pyramide maya. Une chorale répète ses chants tandis qu’une procession avance au milieu de l’immense cloître. Dans la cour se dresse une statue du pape Jean-Paul II, qui avait honoré la ville de sa visite en 1993, lors de laquelle la ville aurait repeint ses murs en jaune d’or pour lui rendre hommage. Cependant, certains disent que cette teinte était déjà populaire auparavant, évoquant la couleur du maïs et symbolisant le lien avec les divinités mayas du soleil et de la fertilité.









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